Historique

Bienvenue à bord

La Résidence, c’est un peu comme un paquebot échoué définitivement sur la plage, pas prêt à prendre la mer, mais plutôt à l’admirer et la regarder vivre. Il aura fallu dix bonnes années pour arriver au bout de ce projet, et quantité de peurs, de doutes, d’incertitudes, de remises en question à surmonter… Comme si le « paquebot » devait traverser toutes ces tempêtes pour mériter de rester là, définitivement échoué et couler une vie paisible. Notre Résidence de tourisme BELLE PLAGE revient de loin. Elle a une histoire, un vécu, elle à traversé plusieurs générations, avec tout son pesant de joies, de peines, de rencontres et de « tranches » de vie. La Tranche-sur-Mer est lieu un « affectif » pour beaucoup d’entre nous, lieu des vacances de notre enfance et adolescence, des premiers boulots. Comme beaucoup d’autres j’y suis venu en vacances avec mes propres enfants, et maintenant eux avec les leurs. En ajoutant la simplicité du village, la beauté de notre côte, l’envie de vivre des moments forts et authentiques en relation avec les autres, de prendre du temps pour soi dans le calme hors saison, voici, à coup sûr, la bonne recette pour vivre des « Émotions ». C’est ce que j’ai envie de vous « vendre » : de l’ « ÉMOTION ». Bonne visite.

Alain GUICHETEAU.

De l’Hôtel de l’Océan à la Résidence de la Plage

La Résidence de la Plage est construite là où se trouvait l’annexe de l’Hôtel de l’Océan.
Chez les Guicheteau, on est hôtelier-restaurateur de père en fils. « Mes grands parents, Narcisse et Aurélie Guicheteau sont arrivés à La Tranche-sur-Mer en 1924, précise Michel. Ils ont acheté une maison dans laquelle Paul-Émile Vrignaud, créateur du fameux café liqueur « kamok » venait passer ses vacances. Mon grand père était entrepreneur en maçonnerie et ma grand mère cuisinière de métier. Quand elle était jeune fille, elle travaillait au logis de la Chabotterie, à Saint-Sulpice-le-Verdon dans le Bocage. »
En 1925, le couple a transformé la villa de cinq pièces en hôtel de style mauresque. Malgré ses multiples transformations, l’établissement a préservé, au fil des années, son apparence orientale. « En 1947, Henri Guicheteau, mon père,a repris l’hôtel laissé dans un état épouvantable par les Allemands, ajoute Michel. J’y ai travaillé jusqu’à mon départ à l’armée. Ensuite, j’ai rencontre mon épouse, Fanfan, et nous nous sommes mariés en 1963. Nous avons exploité l’établissement avec mes parents. Quand ma mère est décédée en 1976, mon père a décidé de jeter l’éponge. »
La partie de l’hôtel baptisée l’Annexe sur laquelle est construite la Résidence de la Plage aujourd’hui, a été achetée par Henri Guicheteau au début des années 1950. En 1976, Michel et Fanfan ont décidé de ne plus l’exploiter. La tâche était trop lourde pour un seul couple. Transformée un temps en location de vacances, l’Annexe est revenue à Alain et à ses trois sœurs, a l’issue d’une donation-partage.

Le bon mot de Clemenceau
Dans les années 1920, au temps du grand père Guicheteau, Georges Clemenceau, né à Mouilleron-en-Pareds et retiré dans une petite maison sur la dune à Saint-Vincent-sur-Jard, venait assez souvent à la Tranche-sur-Mer : « Il avait une maîtresse qui vivait dans une grande maison bourgeoise, note Michel. Il venait la voir et, de temps en temps, buvait un coup ou déjeunait chez mes grands parents. Il a même couché une ou deux fois à l’hôtel. » Albert Boulin, le valet de chambre du grand homme s’est souvenu d’anecdotes savoureuses. Dont celle-ci : dans la salle à manger de l’hôtel de l’Océan, Narcisse Guicheteau fait une confidence: « J’ai perdu vingt kilos ». Réponse immédiate de Clemenceau : « Oh, vous ne les avez pas beaucoup cherchés ! »
Le « Tigre » cachait sous une ironie parfois féroce une grande capacité de sympathie…

Dessins sur le sable du futur Prix Nobel
François Jacob, médecin et biochimiste né à Nancy en 1920, était un habitué de l’Hôtel de l’Océan. Il y recevait souvent d’autres savants, dont le biologiste sud-africain Sydney Brenner. Dans son livre La Souris, la mouche et l’homme, Jacob raconte comment à partir d’un dessin sur la plage, il a fait avancer la génétique : « En 1962, la famille Brenner était venue passer avec la famille Jacob des vacances sur la plage de La Tranche-sur-Mer. Pendant que les enfants jouaient, nous avons, Sydney et moi, en discutant et dessinant sur la sable, produit un modèle appelé « replicon » qui permettait de coupler division cellulaire et réplication de l’ADN ». C’est donc à partir de cette esquisse que François Jacob a réalisé les découvertes génétiques qui lui ont permis d’obtenir le prix Nobel de médecine avec André Lwoff et Jacques Monod en 1965.

52 ans de fidélité pour le chirurgien de l’impossible
« Notre client le plus fidèle est venu pendant 52 ans à l’Hôtel de l’Océan, précisent Michel et Fanfan. Et ce n’est pas n’importe qui ! ». En effet, il s’agissait de Maurice Camey, chirurgien-urologue à l’hôpital Foch de Suresnes. Peu connu du grand public, il a pourtant mis au point une méthode révolutionnaire de traitement du cancer de la vessie consistant à remplacer la vessie malade par un bout d’intestin grêle ! Une opération audacieuse dans les années 1960 qui lui a valu un prix au États-Unis. Maurice Camey a raconté son expérience dans un livre paru en octobre dernier et préfacé par le professeur Cabrol : Chirurgien de l’impossible. Les hôteliers sont restés très liés avec la famille Camey et notamment avec leur fille : « Nous sommes allés à son remariage l’année dernière ».